En Commission

Audition sur l’avenir des conservatoires français

13 février 2019

La Commission de la Culture a conduit ce jour une audition sur les conservatoires français.

Actuellement, ce sont les communes et intercommunalités qui assument une part prépondérante de leur financement. Leur prise en charge peut atteindre 90 voire 100% du budget de fonctionnement des écoles de musique, alors que de nombreuses régions ne participent pas au financement des conservatoires à rayonnement régional (CRR).

Dans le cadre de la loi de Finances 2019, les crédits affectés aux conservatoires en 2018 sont reconduits au même niveau. Le mouvement qui amène l’État depuis 2016 à se réengager dans le financement des conservatoires ne peut combler l’ampleur du désengagement et la baisse des crédits survenus entre 2013 et 2015 (en 2015 disparition des aides de l’État).

Le montant des crédits qui devraient être consacrés en 2019 aux conservatoires (environ 21 millions d’euros) demeure donc en deçà des 35 millions d’euros octroyés aux conservatoires en 2006 ou même des 27 millions d’euros inscrits en loi de finances initiale pour 2012.

Pour beaucoup de conservatoires et écoles de musique, le fonctionnement en réseau est une équation devenue incontournable. En matière de culture, la loi NOTRe n’a pas fait bouger les lignes. Chaque collectivité a pu garder ses compétences culturelles et doit coopérer. C’est une sorte de mécano qui conduit les structures à un fonctionnement en réseau accru.

D’un territoire à l’autre, les paramètres de l’équation peuvent être très différents, selon les souhaits des élus : Cela peut aller de la mise en commun a minima à l’intégration sous forme d’un établissement à sites multiples.

Dans le cadre du plan « chorale », les conservatoires, les écoles de musique et le secteur associatif musical sont sollicités afin de faire venir des professionnels de la musique notamment dans les collèges.

Pour ma part, je m’interroge sur les difficultés que peuvent rencontrer les conservatoires dans les dynamiques de coopération portées par les élus locaux. En effet, la loi NOTRé a conforté la tendance au fonctionnement en réseau des conservatoires et des écoles de musique. Toutefois, il semble que cette coopération puisse parfois se heurter aux projets propres à chaque établissement. Volonté de préserver les spécificités des établissements dans le cadre des rapprochements tout en élaborant des projets communs, organisation de la gouvernance partagée au sein des réseaux qui se constituent… peuvent être propices à l’apparition d’obstacles.