En Commission

Audition du Secrétaire d’État à la Jeunesse dans le cadre du Service National Universel

5 mars 2019

En mars 2017, le candidat Emmanuel Macron s’était engagé à rétablir un « service militaire universel » obligatoire et d’un mois. Le futur service national universel (SNU) prendra finalement la forme d’un mois obligatoire vers 16 ans suivi d’un engagement plus long sur la base du volontariat.

Une phase pilote aura lieu en juin 2019. Environ 3.000 jeunes volontaires âgés de 16 ans, issus de 13 départements (un par grande région et un en Outre-mer) suivront la première partie de la phase obligatoire du dispositif, à savoir deux semaines hors de leur famille, en internat. 

En uniforme, ils seront hébergés dans des internats ou bâtiments de l’armée et seront encadrés par des militaires et des éducateurs rémunérés. Ils seront formés aux premiers secours, aux réactions à avoir en cas d’attentat ou de catastrophe naturelle, et recevront des modules sur la protection de l’environnement ou les valeurs de la République. Un bilan de santé et des tests de français leur seront aussi proposés. 

Les participants pourront ensuite effectuer la seconde phase du SNU, entre juillet 2019 et juin 2020, en participant à une mission générale dans une association ou une collectivité territoriale, pendant quinze jours consécutifs ou avec des heures réparties tout au long de l’année.

Le service national universel pourrait ensuite être généralisé aux 800.000 jeunes âgés de 16 ans à l’horizon 2022-2023.

Pour ma part, je m’interroge largement sur la problématique de l’hébergement. Il est notamment avancé la disponibilité lors des vacances scolaires des places des internats des collèges et lycées pour accueillir les participants. Toutefois, un tel recours nécessiterait, au-delà de la présence de militaires et d’éducateurs, de mobiliser aussi les personnels des collectivités dédiés à l’entretien de ces équipements. Quels sont les retours, s’il y en a, des associations représentatives des départements et régions de France sur ce sujet ?

Je m’étonne aussi que des responsables politiques, allant du Chef de l’Etat au Secrétaire d’État en charge du projet, qui n’ont pas effectué leur service national sous les drapeaux, vantent aujourd’hui ses bienfaits et souhaitent son rétablissement sous une forme nouvelle ? Il est un âge où l’on ne doute plus de l’utilité de mobiliser une classe d’âge autour de valeurs civiques communes. Mais il est également un âge où la perspective de voir ses déplacements contraints n’enthousiasme guère… A l’heure où les deniers publics sont précieux, il ne faut écarte le risque que la réussite de ce projet ne se heurte avant tout à la motivation des participants ? L’incorporation en tant qu’appelé ne suscitait souvent guère l’enthousiasme à l’époque même si ce souvenir était évoqué avec nostalgie 20 ou 30 ans plus tard…